L'éveil

L'expérience d'éveil d'une femme ordinaire...

samedi 18 novembre 2006

Communion

in_communion_with_god

Il n’y aura que nous

Nous figés dans le silence clos

Nous

Une vie et tant d’autres à attendre ce nous

Ce moment entre tous

Ce point dans l’infini de nos deux souffles

Ce point qui ne fait qu’un

La rencontre du tout

Tant de corps dans nos bras redevenus poussière

Soufflés dans l’amnésie

Oubliés mille fois tous ces mots prononcés

Ces mondes traversés ces chemins parcourus

Et le temps comme un lien

Le temps qui se dissout

Du sable entre nos voix

Je te reconnaîtrai

Toi dans la multitude

Entre tous

Terre promise imprévue

Ame sœur amant clé

Le gardien du pourquoi

L’or muet dans ma voix

Tu sauras qui je suis

Toi aussi tu sauras

J’aurai le cœur béant comme une plaie ouverte

Tu me reconnaîtras

A mon air indécent de femme écartelée

De femme revenue de tous les purgatoires

J’aurai pour toi un air

De ne jamais y croire

Et pourtant je serai devant toi

Revenue de nulle part

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La Sainte

Peche

Je vais venir ma belle

En haut des monts pelés

Je gravirai la roche et le flanc de l’azur

Pour toi

Divine

Ton essence enclose au cœur du roc

Je viendrai boire à la source

Ton sang pur à la source

Je viendrai ma douce

Te boire à fleur de pierre

La nuit embaume

O ma sainte débauchée

J’entends déjà le vent dans la forêt

Ruisselante

Ton âme répandue comme un baume

Onguent de femme fleur

Cueillie sur une mer d’exil

Femme d’embrun

O Marie

Te souviens-tu de l’homme flamme

Croisé dans un jardin

Un matin de miracle

Raconte-moi sa main

Par ta lèvre effleurée

Ta lèvre purpurine

Mille fois déflorée

Le parfum ruisselant

De tes cheveux défaits

La myrrhe et l’oliban

Répandus à ses pieds

La lumière dans ses yeux

Dis-moi

A-t-il mêlé ses doigts à tes cheveux d’or feu

As-tu mordu sa chair dans une faim mystique

Murmuré dans son souffle

Recueilli dans tes mains le nectar de ses plaies

Dis-moi

As-tu senti son corps

Encerclé par tes bras

Ce désir obsédant

Ce désir d’absolu figé dans la poussière

Devenir fièvre

Et incendier l’éther

Chevaucher le membre sidéral de tous les univers

Serrer la lumière entre tes cuisses d’ambre

Pour transcender la chair

Et redevenir cendre

Revenir à la terre

Et son amour halluciné

Ample

Ses ailes déployées

Sur ton cœur écarlate

O belle délurée

Tes voiles déchirés par la rumeur hurlante

Ce troupeau inhumain au berger crucifié

Toi qui connut la soie et l’or des bracelets

Toi l’intouchable

Pour lui

Pour l’homme illuminé

Pour cueillir à ses pieds

L’infini

Le cercle

Et le silence enfin

Le silence et le vent

Dans tes cheveux libres

Loin

Le bruit de l’eau brisée sur la roche fertile

Tant de crachats de griffes de fiel de honte tatouée

De l’or piétiné dans la fureur aveugle

L’homme a mille fois maudit la femme qu’il laboure

Mille fois lacéré le ventre qui l’a fait

Des millénaires d’opprobre pour celle qui enfante

Des millénaires de fils élevés dans l’amer

Ceux qui t’ont lapidée

Ont survécu au cri poussé dans le calvaire

Et leur semence a fait moisir le bois

Qui portait l’agonie

Ceux qui ont jeté la pierre ont mille fois péché

Seul un Dieu

Pour sanctifier la délurée

Seul un Dieu né d’une vierge

Pour la prostituée

Qui d’autre que l’Oint

Pour ne pas redouter la béance des femmes ?

Je viendrai

Un aller sans retour

M’étendre sur le pierre

Humer l’essence minérale

De ton rêve infiltré dans les veines du monde

Et voir tous les matins

Le ciel se fendre en deux

Au sommet de la Sainte

Et voir dans la lumière

Echevelée

Danser parmi les anges

Myriam de Magdala

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