L'éveil

07-12-10

Enjamber le vide

J'ai toujours beaucoup rêvé. Mes nuits sont une double vie aussi mouvementée que mes jours.

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Je n'arrive pas à écrire chaque rêve car ils sont généralement longs et fourmillants de détails. De plus, j'ai le réveil plutôt difficile. Imaginez devoir naître chaque matin à une autre vie. C'est ce que je ressens réellement. Il me faut un temps de réadaptation. Un temps de silence et de recueillement nécessaire pour retrouver mes repères.

Interpréter les rêves n'est pas difficile quand on s'y penche. Une fois rédigés, mis en mots, il suffit de leur parler. D'entamer une sorte de dialogue avec eux. Ils parlent une langue intime dont on possède forcément les clés. 

Le rêve est le miroir exact du rêveur. Il est l'oracle, le message des anges, une parenthèse entre nos jours. Il possède plusieurs dimensions, de la superficielle à la plus profonde. Il visite tous les aspects de notre être en mettant le doigt exactement où ça fait mal. Cependant, le rêve est un ami. C'est un mal pour un bien. Il souligne ce qu'on a omis de voir durant la journée et qui pourrait bien nous éclairer. 

Voici un rêve que j'ai fait il y a quelques temps (je ne l'ai pas daté hélas), après avoir franchi la porte de l'éveil.

Je l'ai laissé tel quel, comme une écriture spontanés. Juste après le réveil, la brèche entre les monde reste ouverte et les mots clés ressortent mieux  quand le mental ne cherche pas à soigner le style. J'ai mis en caractère gras ces fameux mots-clés indispensables pour comprendre le message. Les scènes du rêve s'enchaînent dans cohérence "apparente" mais elles sont en vérité parfaitement liées. Les personnages sont des aspects de soi et les changements de sujet à chaque scène indiquent de qui on parle (ou plutôt de quelle aspect de soi). J'ai donné un titre afin de faire ressortir l'idée principale selon moi. Je vous laisse juger par vous-même:


Enjamber le vide

Une femme enceinte visite un appartement qu'elle veut acheter. Elle est très enthousiaste à l'idée de devenir "propriétaire".

La femme qui la fait visiter note sur un carnet tous les étages qu'il faut monter pour y accéder en écrivant une lettre à côté du numéro de l'étage. L'appartement en question se trouve au 21e étage, sur le toit de l'immeuble.

Arrivée en haut, je ressens un vertige à l'idée de marcher si haut. Surtout que pour accéder à l'appartement, il faut enjamber le vide.

La femme est mère d'un petit garçon et elle a un compagnon un peu bizarre comme si il était drogué.

Ils doivent faire des travaux pour rendre l'appartement habitable. L'homme veut faire un sol unifiant l'appart à l'immeuble mais un de ses outils tombe dans le vide. Il n'a pas l'air très dégourdi.

Finalement, les travaux sont laissés au soin de professionnels. L'appart est grand, avec une vue magnifique, plein sud de la cuisine.

Mais pour y accéder, il faut toujours traverser le vide. Ce qui pose problème à la proprio pour recevoir des invités.

Nous sommes en ballade dans une forêt hivernale et nous cherchons une source. Nous ne la trouvons pas.

Mais lorsque je refais la ballade seule, j'aperçois la source qui est vivante avec une sorte de lutin. Je le prends en photo émue de cette rencontre.

Je suis à table et mon père parle de l'aspect spirituel de l'architecte Le Corbusier que je découvre.

Je dis comme pour l'apprendre à mon père mais en s'adressant à tous que la prière n'est pas nécessaire à tous. Elle l'est seulement pour ceux qui se sentent séparés de Dieu, ceux qui ne peuvent faire autrement. 

Mon père semble d'accord et comprend.

Posté par Aisha Nout à 09:20 - Les rêves - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Bonjour Nout

    Merci pour cette tranche de ta vie onirique.

    Je me suis presque senti "appelé" à le lire, en voyant mon pseudo caché dans le titre....hihi....alors excuse-moi de m'être invité sur ton blog

    Ah, ce vide, qui n'est vide qu'en apparence, mais nous unit tous, nous relit. On en a pourtant bien peur, de ce vide, et on n'y voit pas la trame continue, on ne voit que les différentes pièces... C'est souvent dans la solitude et le froid qu'on découvre que ce néant est plein, et qu'on retrouve en soi la joie du petit lutin.

    Merci pour l'accueil, c'est chaleureux, chez toi, même le vide est plein

    Posté par Quantum Void, 08-12-10 à 18:35
  • Peut-être t'ai-je "appelé" en effet et tu m'as entendu! N'oublions pas que le temps et l'espace sont relatifs...Ce vide qui fait si peur à l’ego et cette peur qui disparaît quand il se retire comme la vague sur la plage...
    Je suis heureuse que tu aies partagé ce rêve avec moi! Et heureuse de ton passage!
    A bientôt pour un prochain appel! [Clin d oeil]
    [jap]

    Posté par Nout, 09-12-10 à 00:09
  • Prière

    Bonjour Nout,

    Un beau mouvement pour enjamber le vide, lorsque les deux berges qu’il sépare peuvent être reliées par la prière. On peut essayer de faire soi-même des travaux en dur, et si on n’y arrive pas les confier à des professionnels, ils ne parviendront jamais à combler ce vide, parce que rien de solide ne peut prendre pied sur lui, seulement la confiance. Dès lors c’est difficile d’y inviter autrui, que ce soit des invités, ou un compagnon de marche, parce que dès qu’on veut faire, le vouloir nous éloigne du but. Mais pour peu qu’on flâne, on tombe sur la source. Comme on tombe d’accord, lorsqu’on se comprend au-delà des mots. Pour ceux-là, même la prière n’est plus nécessaire. Parce que tomber d’accord, ou se tomber dans les bras, c’est aussi créer un pont entre deux berges, et enjamber le vide.

    Voilà, je ne sais pas si mes mots trouveront en toi un écho avec lequel ils parviendront à construire un pont, mais s’ils n’y parviennent pas de leur propre force — je me rends compte combien ils sont frêles — ils auront aussi été prière. Et là, j’ai confiance qu’ils touchent. Au-delà des mots.

    Posté par joaquim, 10-12-10 à 20:43
  • Cher Joaquim,
    le ressenti de l'autre est toujours intéressant car il apporte un regard neuf, un recul que parfois nous n'avons pas pour soi, et qui permet de mieux se comprendre.
    J'ai interprété ce rêve dans son aspect mystique, et tu y ajoutes un aspect relationel qui me touche intimement car il y a finalement dans ce rêve la présence du père (que j'aime transcender dans ma relation à Dieu) qui reste la blessure primordiale sur laquelle paradoxalement je me suis construite et libérée. Ce vide angoissant reste franchissable. C'est le paradoxe inhérent à tout chemin spirituel, une solitude profonde (et nécessaire) ponctuée de rencontres bouleversantes où la relation comme tu l'exprimes franchit ce vide qui semble séparer les êtres et les choses mais qui en vérité les relient dans l'espace intime de l'un. Ce qui m'a le plus manqué dans mon enfance est cette intimité, cette proximité, cet amour sécurisant, nourricier, et ce manque a surement été le moteur de ma quête avec une recherche (une soif déchirante) devérité. Il y a deux façons de s'abandonner pour "enjamber" ce vide:
    - Abandonner ce que je suis et me nourir uniquement à partir de l'autre...ce qui rend fragile et dépendant. Cet abandon est une réponse de l'égo face à la souffrance de l'abandon.
    - s'abandonner à Soi, c'est à dire découvrir que ce que nous avons toujours cherché est déja là dissimulé derrière nos défenses. C'est devenir "propriétaire de sa maison" , se nourir de la source inépuisable que nous portons en soi. La rencontre devient enrichissante parce que nous ne demandons rien à l'autre. Tout ce qu'il nous apporte est un plus...
    Tu vois Joaquim que toute prière est entendue . les mots sont une passerelle entre nous mais ce qui nous relient plus surement c'est ce vide qui les relie et les forme. Merci pour ta présence par chez moi !

    Posté par Nout, 12-12-10 à 19:55

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